Jeudi 1 octobre 2026
du complexe de bois ancré. Le ruisseau Noël-Côté a été par le passé soumis à des travaux de linéarisation et de curage, c'est-à-dire qu'il a été creusé à répétition pour accélérer l'écoulement de l'eau vers la rivière Bécancour. Cette situation a provoqué une érosion excessive de ses rives et entraîné un déplacement significatif de sédiments vers la rivière. Certains cours d'eau, comme le Noël-Côté, sont très sensibles à ces travaux dits correctifs. L'abaissement du niveau du lit augmente la probabilité de décrochement des talus. Ces décrochements peuvent représenter des pertes de superficies cultivables et parfois des situations mettant la sécurité des agriculteurs en péril.
En passant, ce ruisseau était habité, par le passé, par de nombreuses truites que j'avais le plaisir de pêcher et de déguster. Plusieurs pêcheurs s'arrêtaient à la sortie du ponceau sur Gosford dans le petit bassin à côté du terrain de Michel Caron. Ces truites sont toutefois presque totalement disparues depuis déjà plusieurs années. Quel dommage.
L'aménagement réalisé la semaine dernière consiste, en gros, à rétablir les caractéristiques naturelles du ruisseau. Les travailleurs ont ainsi installé plus d'une soixantaine de différents barrages dans le cours d'eau, construits avec essentiellement des pièces de bois, billots et branches. Un peu à la façon des castors. Il s'agit d'exploiter la capacité naturelle du bois à favoriser la rétention sédimentaire. Cette approche se veut écologique, économique et très efficace. Le bois crée des zones de refuge et de fraie pour les poissons et la microfaune. Peut-être verrons-nous revenir ces belles truites, au plaisir des générations futures.
Ces travaux ont été entièrement réalisés grâce à une subvention et à la contribution de plusieurs bénévoles. L'accord des propriétaires était aussi primordial. Pourquoi cette générosité? Simplement parce que ce projet est une première au Québec, voire au Canada, en regard de l'ampleur des travaux. Il s'agit d'un record.
Il faut être fier de participer à ce genre d'initiative qui devrait nous permettre d'être plus résilients face aux changements climatiques. Ces derniers provoquent des précipitations plus intenses, fragilisant d'autant plus les cours d'eau comme le Noël-Côté, ou encore des sécheresses affectant la vie des poissons et autres organismes aquatiques. Ces travaux feront l'objet d'un suivi sur quelques années pour confirmer l'atteinte des objectifs.
Si cette chronique vous incite à vous lancer dans ce genre d'aménagement, n'oubliez pas que tout travail dans ou à proximité d'un cours d'eau est strictement réglementé pour éviter de modifier illégalement le tracé de celui-ci ou de détruire l'habitat. Il est impératif de consulter les autorités locales ou un expert avant d'intervenir.
Gervais Pellerin