La chronique du maire

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La chronique du maire

Jeudi 28 mai 2026

La gestion des actifs routiers

 

Avec l'arrivée du printemps, nos routes de gravier mettent notre patience à rude épreuve. Sans vouloir nous comparer, c'est une réalité pour toutes les municipalités du Québec. J'aimerais, dans cette chronique, répondre aux nombreuses questions soulevées par nos citoyens  : pourquoi ne fait-on rien, pourquoi n'asphalte-t-on pas davantage de routes, pourquoi ne répare-t-on pas nos ventres de boeuf récurrents, etc. La réponse est simple : c'est une question d'argent. Pour plusieurs, cela peut sembler être une réponse facile, mais je vais tenter d'expliquer un peu mieux la situation.

Sachez d'abord que notre municipalité possède un vaste réseau routier, soit près de 85 km, dont près de la moitié est déjà asphaltée. Voyons maintenant comment se dessine la gestion de ces actifs sur le plan financier.

 

Fixons les prémisses de ce calcul : une route asphaltée dure environ 25 ans avant de nécessiter des travaux majeurs. Les coûts actuels pour la réfection d'une route asphaltée dépassent maintenant 500 000 $ du kilomètre. Si nous voulons qu'une route dure plus longtemps, disons jusqu'à 40 ans, il faut être prêt à investir près de 1 000 000 $ du kilomètre. S'il s'agit d'asphalter une route actuellement en gravier, on parle encore ici d'environ 1 000 000 $ du kilomètre.

 

À partir de ces données, nous devrions procéder à la réfection de 2 kilomètres de route asphaltée chaque année, soit une dépense minimale de 1 000 000 $ annuellement. Comme la municipalité accuse un certain retard dans la gestion de ses actifs routiers, il faudrait accélérer le rythme d'environ 50 % pendant au moins 10 ans afin de rattraper ce retard. Il faudrait donc être prêt à investir environ 1 500 000 $ par année.

 

C'est un montant faramineux pour notre petite communauté. Si l'on ramenait cette dépense directement sur les comptes de taxes, cela représenterait une hausse moyenne d'environ 3 000 $ par année par compte de taxes. Il faut comprendre ici que cette estimation tient déjà compte de la possibilité de procéder à des emprunts. Cela explique pourquoi je recommande constamment d'attendre les subventions provinciales.

 

Et encore ici, nous ne parlons pas d'asphalter les routes de gravier. Cette option ferait pratiquement doubler la facture si nous souhaitions asphalter, sans subvention, environ 1,5 kilomètre de route par année.

Notre stratégie est donc la suivante : déposer le plus grand nombre possible de demandes de subventions au ministère des Transports, en espérant obtenir du financement. Cette approche semble porter fruit puisque nous obtenons des subventions presque chaque année. Ce qui est loin d'être le cas dans plusieurs autres municipalités, qui préfèrent cibler uniquement certains tronçons jugés prioritaires. Il faut simplement se fier à l'expertise du Ministère pour identifier les bons projets...

En ce qui concerne les ventres de boeuf, la municipalité en dénombre environ 150. Chaque année, des travaux sont réalisés afin d'en corriger le plus possible. Mais à un coût variant entre 5 000 $ et 10 000 $ par intervention, nos capacités demeurent limitées. Selon les explications reçues, l'apparition des ventres de boeuf est directement liée au vieillissement des routes. On parle donc encore ici de gestion d'actifs.

 

J'ai essayé d'être le plus clair possible... Désolé !

Gervais Pellerin, maire d'Inverness