Chronique du maire

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Jeudi 19 mars 2026

Les pannes de courant.

 

Nous sommes encore en panne. C'est rendu une activité patrimoniale de sortir la génératrice et de brancher le tout… pour ceux qui en ont une, évidemment. Pour les autres, il faut prendre son mal en patience ou encore aller visiter ceux qui en ont une.

Pourquoi la Municipalité d'Inverness subit-elle des pannes de courant à répétition? Ce n'est pas parce qu'Hydro-Québec ne nous aime pas. Notre municipalité, comme certaines voisines, est alimentée par le poste de Plessisville, le PP333. Ce poste est solide et est rarement en défaut. Notre problème, c'est plutôt la ligne de distribution qui nous alimente.

Cette ligne de moyenne tension (14 000 volts) est très longue — une des plus longues au Québec. Elle traverse principalement des milieux agricoles et forestiers, ce qui la rend très sujette aux pannes causées par les branches et les arbres. Il faut comprendre que les lignes de distribution sont relativement basses par rapport aux lignes de transport : la croissance des arbres finit toujours par entrer en contact avec les fils. 

En passant, les branches n'ont même pas besoin de toucher les fils pour créer des problèmes. À 14 000 volts, le courant peut sauter une distance d'environ 6 pouces. Cela ne cause pas toujours des pannes complètes, mais plutôt des fluctuations de tension — les lumières clignotent. Lors de vents violents ou de verglas, on comprend bien que la situation se complique.

Voici un petit cours sur les travaux de maîtrise de la végétation d'Hydro-Québec. Hydro-Québec réalise trois types de travaux sur les lignes de distribution. La méthode privilégiée est le déboisement total sur une emprise de 3 à 7 mètres de largeur. Ces travaux sont habituellement effectués tous les 7 à 10 ans, avant que la tête des arbres commence à toucher les fils.

La deuxième méthode, l'élagage, est de loin la plus fréquente et la plus coûteuse. Elle est largement utilisée en milieu urbain, mais aussi en milieu rural, pour éliminer les branches qui se rapprochent trop des fils.

Finalement, la dernière méthode est l'abattage des arbres dangereux situés en dehors de l'emprise du réseau. Dans notre cas, la ligne qui nous dessert est souvent sujette à ce type de problème. Il s'agit fréquemment de bouleaux, qui sont les premiers à plier sur le réseau. Mais lorsque le verglas s'accumule, même des arbres habituellement robustes peuvent perdre des branches qui tombent sur les fils.

Je dois toutefois vous avertir qu'il n'est pas recommandé de couper vous-même ces arbres. Hydro-Québec doit être avisé si vous croyez en avoir un sur votre terrain, et ce sont leurs équipes qui s'occuperont de l'abattage.

Si je résume, la ligne qui nous dessert est très longue et sujette aux chutes d'arbres dangereux, donc à un risque accru de pannes. Votre conseil municipal discute régulièrement avec Hydro-Québec pour s'assurer que tout est mis en place pour réduire ces pannes, notamment en effectuant les travaux de maîtrise de la végétation et en renforçant la ligne.

C'est dans cet esprit que, lors de la dernière rencontre avec Hydro-Québec, ceux-ci nous ont informés d'une possibilité de boucler cette ligne avec un réseau voisin, ce qui permettrait une réduction significative des pannes. Nous suivons ce dossier de près.

Gervais Pellerin